ELLE QUI N'EN SAVAIT RIEN
ELLE QUI N'EN SAVAIT RIEN

ELLE QUI N'EN SAVAIT RIEN



Une créature de rêve qui fait tourner la tête de Lino, une cérémonie de remises de médailles qui tourne à la catastrophe, des élus qui tombent comme des mouches, un fou qui fait chanter la police et la municipalité pour arriver à ses fins…vraiment pas ordinaires, sans oublier ma Loulou qui en prend plein la gueule, le tout sur fond de souvenirs ni très lointains, ni très glorieux.
Bref, com dab, du lourd, du drôle et de l’humain…
Moi quoi !




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Extrait :

Non, mais regarde-là ! Mais regarde-moi ça ! J’ose à peine en croire mes yeux, elle est…superbe. Un mètre soixante-dix environ, un petit 40 absolument indécent pour sa quarantaine bien pesée, une poitrine parfaite, bombée à souhait et absolument naturelle, j’en mettrais la mienne à tomber. Et un visage, mais un visage ! C’est simple, Meg Ryan à l’époque de sa splendeur. Ses yeux d’un vert éclatant sourient timidement aux personnes qui la saluent avec tout le respect que l’on doit à celle qui accompagne le grand chef de la police. Bref, tu l’as compris, c’est un ange qui se tient discrètement à la gauche de MON Lino tandis qu’ils font leur entrée à la Préfecture.
Ce matin, il m’avait pourtant demandé si je serais accompagnée à cette fameuse soirée, mais sans me donner le temps de répondre, il m’a glissé à l’oreille avant de disparaître dans son bureau « Prépare-toi à une surprise ». Tu aurais pensé quoi à ma place ? Va-y gros malin, dis-le moi ! Le mec que j’aime depuis des années, celui que me court après sans oser m’attraper depuis le premier jour de notre rencontre, celui que j’ai presque failli violer il y a quelques semaines dans son bureau, celui qui, jaloux, a fait suivre mon pseudo amant par un gamin … Ce même mec me susurre à l’oreille qu’il va me faire une surprise… Alors évidemment, excitée comme une jeune adolescente avant son premier rendez-vous, j’ai dépensé une vraie petite fortune pour cette robe du soir moulante à souhait, je n’ai pas hésité à me rendre chez le coiffeur le plus cher de Marseille, et j’ai même bousillé mes ongles à vie à cause d’une french manucure de merde qui va laisser des séquelles à mes pauvres petits doigts pendant des lustres ! Sérieusement, admire. Alors, je suis pas belle à tomber par terre ?
Quoi ?
L’autre est plus jolie que moi ?
Elle a quoi ???
De la classe !
Attends que je la regarde encore un peu tu permets ?
Et là, alors que mon regard se pose sur elle, elle m’aperçoit à son tour et m’adresse un léger signe de la main avant de lâcher le bras de Lino pour s’avancer vers moi…
J’ai beau être une femme à hommes (tu me connais), cette nana est si belle que j’en ai le souffle coupé. C’est vrai, elle a de la classe, mais pas seulement. Comment t’expliquer ? C’est comme si toute la bonté du monde s’était posée sur elle. Elle semble douce, fragile, intelligente et profondément attachante.
Soudain, je suis vaincue et pour la première fois de ma vie je me sens perdue. Tout tourne autour de moi tandis que je cherche Lino des yeux. Lino… Tu en as encore beaucoup des surprises de ce genre ? Tu ne manques pas d’air de me faire un coup pareil, et je suis certaine que tu jubiles ! Si tu oses te montrer avec elle ici, tu dois être terriblement accroché… et pour une fois, tu sembles avoir fait le bon choix.
Mes jambes ne me tiennent plus et c’est au moment où je vais flancher qu’un bras s’empare résolument du mien :
- Mirabelle, ressaisis-toi. Une foule entière est là pour toi. De grâce retiens tes larmes, relève la tête et ne te conduis pas comme une enfant gâtée. Veux-tu être la risée de tous tes subordonnés ? Tu pleureras de tout ton soul au fond de ton lit. Pour le moment fais ce pour quoi tu es venue et ne sois une honte ni pour notre belle administration, ni pour moi. A partir de maintenant, je suis ton cavalier.

Et la pression de ses doigts se fait plus forte sur mon avant-bras. Brave Momo. Mon vieil ami grisonnant, maître incontesté de notre service scientifique et homme de toutes les situations n’a pas hésité à laisser son épouse en plan pour me sauver la mise. Cet homme de sagesse et d’expérience devait m’observer depuis un long moment. Dans la vie privée comme au labo, Moïse sait tout, devine tout, prévoit tout et apporte une solution à chaque problème avec un calme et une distinction admirables. Pour l’heure, sa solution est son bras, sans lequel je serais sans doute à terre.

Tu me trouves mélodramatique ? Tu t’attendais à te marrer dès les premières lignes de ce bouquin ? Désolée, la vie ce n’est pas toujours rose. Moi aussi, j’ai mes moments de déprime et contrairement à ce que tu crois en offrant quelques malheureux euros en échange de mes œuvres bientôt cultes, je ne suis pas le clown de service. Tu as l’habitude que je te fasse rire, que je te fasse oublier tes soucis, tes problèmes de couple, ton compte en banque en friche ? Tu me lis pour ça ? Mais moi, qui me fait rire ? Ton égoïsme est pathétique, et ta naïveté pire encore. Je ne suis pas drôle… en tout cas pas ce soir.

D’accord… j’y suis allée un peu fort. Pardon. Mes émotions ont pris le dessus, je me suis laissée emporter par la colère. Je suppose que la fatigue y est pour beaucoup et puis, entre nous, tu m’as manqué. Ca faisait si longtemps que je ne t’avais pas titillé avec mes sarcasmes que j’ai dépassé les bornes. Pardonne-moi et promis je vais me reprendre. Tope-là ! Et si cela ne suffit pas, laisse-moi un petit mot vengeur sur mon site, je le mérite. Amis ? Bon alors avant d’aller plus loin, il faut quand même que je t’explique pourquoi tout ce tralala. Chaque année, le Préfet remet à trois personnalités féminines du département une médaille à titre disons, honorifique. Parfois des sportives, des écrivains, des femmes de sciences, des personnes qui ont œuvré dans le social, des artistes aussi… Enfin, des figures quoi ! Bien entendu, il fallait qu’un jour je fasse partie de la liste. Cerise sur le gâteau, mes deux « co-nominées » étant absentes pour raisons de santé et représentées par leurs attachées de presse, je suis la seule vedette du jour ! Tu comprends mieux désormais pourquoi Moïse me surveille de près, ma réputation est en jeu. Tout le gratin de Marseille est présent : Les conseillers généraux, municipaux, départementaux, cantonaux, les responsables syndicaux de la RTM , du Port autonome, de la SNCF, des services de voiries, les journalistes, les dirigeants de l’OM et des clubs de supporters, les patrons des grandes entreprises incontournables comme la bière La Cagole, Pernod Ricard, la distillerie Janot … Bref, tous ceux qui jouent un rôle dans la cité (et qui ont toujours du temps dans leurs agendas pour un petit cocktail) sont là. Tout le monde ? Pas tout à fait. Il manque Loulou, ma Loulou d’ordinaire toujours en avance pour ce genre de réception. Connue comme le loup blanc, elle a pour habitude de virevolter dans la foule, embrasser les collègues, engueuler ceux qui la laissent sans nouvelles, passer par les cuisines pour tester les petits fours, critiquer les tenues vestimentaires des unes et des autres, écouter les derniers potins mondains, visiter les toilettes et enfin, une fois ce cérémonial achevé, elle rejoint notre équipe pour un rapport circonstancié de sa balade dans le beau monde.
Ce soir, la fête est donnée en mon honneur, et tu n’ignores pas que Loulou est certes ma subordonnée mais aussi et surtout ma meilleure amie. Le mois dernier, l’annonce de cette médaille dont elle a eu la primeur a fait le tour des services en moins de dix minutes !

- Oh ! Cette année c'est Mira qui va avoir la médaille de l’année, pour la femme de l’année !
Je te jure, on aurait dit que la gagnante, c’était elle ! Il fallait la voir sautiller comme une gamine dans les couloirs et scandant mon prénom. Le soir, elle avait invité toute l’équipe chez elle pour un barbecue géant histoire de fêter ça.
Alors, pendant que l’amie de Lino s’approche de moi, je me demande où Loulou peut bien être.

Oui faut suivre. Rappelle-toi que tout à l’heure, ya pas cinq minutes, je te disais que ma désormais rivale m’avait saluée timidement avant de s’avancer vers moi, juste après que tu m’aies envoyé dans les dents qu’elle était plus belle que moi… Non je ne suis pas rancunière, je note simplement que tu commences enfin à te rebeller, il était temps ! Pour ne rien te cacher, ce besoin de faire ma connaissance me contrarie. Je n’ai nulle envie de parler chiffon avec cette fille, ni de faire des salamalecs avec un sourire de circonstance tandis qu’elle m’apprendra depuis quand elle couche avec Lino !!! Parce que je ne suis pas dupe. Les filles, je les connais, et très bien même. Lino a dû lui raconter pour nous, histoire de se vanter auprès d’elle, alors quoi de plus jouissif pour cette femelle dénuée d’amour-propre que de venir afficher sa victoire en achevant la perdante à coup de talons aiguilles dans le cœur ! Je recule d’un pas mais Momo me fait avancer de deux. J’ai beau le supplier du regard, c’est sans ménagement aucun qu’il m’oblige à le suivre avant de tendre la main à la femelle :

- Mes respects, chère Katia. Vous êtes absolument éblouissante, et croyez-le, c’est juste un compliment sincère de la part d’un vieux monsieur amoureux de son épouse depuis plus de quarante merveilleuses années. Regardez, elle se tient juste là, près de la fenêtre centrale… N’a-t-elle pas l’air d’un ange ? Je vais de ce pas la rejoindre car la pauvre semble un peu perdue au milieu de la foule. Avant, j’ai le plaisir et l’honneur de vous présenter l’héroïne du jour, très belle aussi d’ailleurs…
Puis, passant de l’une à l’autre :

- Mirabelle Barane, mais est-il utile de le préciser ? Et Mademoiselle Katia Zental, chanteuse de Jazz en tournée dans le Sud de la France. J’ai eu le plaisir de vous écouter, un vrai ravissement. Puis il s’incline sur un « Mesdames » de gentleman avant de m’abandonner à mon triste sort.
Le voilà parti cet hypocrite, ce faux ami, ce traître ! Il la connaissait ! Il savait et ne m’a rien dit. Qui d’autre encore ? Loulou, d’où son absence par peur de terribles représailles ? Qui ?

- Bonjour Mirabelle, je suis sincèrement ravie de vous rencontrer enfin. Je vous admire depuis toujours et Lino m’a tellement parlé de vous que j’ai le sentiment de déjà vous connaître.

Sa voix presque cristalline et d’une douceur rare réussit malgré tout à se frayer un chemin au milieu du vacarme qui règne dans la pièce. Bien malgré moi, ma colère laisse la place à de la curiosité teintée de surprise et d’admiration. Cette fille a quelque chose, et ce quelque chose n’a rien à voir avec ce que je souhaite du fond du cœur : elle me plaît !
Eh ! T’emballe pas toi ! C’est pas demain que je vais participer à la gay Pride ! Si t’as un doute là-dessus, t’as rien compris au personnage. Certes je plais – aussi – aux femmes, ce qui est toujours flatteur, mais il n’y a aucune réciprocité dans cette attirance ma foi bien compréhensible quand on apprécie ce qui est beau. Non, quand je dis « elle me plaît », c’est tout simplement que malgré des efforts surhumains, je ne trouve rien à lui reprocher, ni dans sa tenue, ni dans sa posture, ni dans ses expressions, ni dans son regard… Pire encore, tout ceci sonne parfaitement juste.

- Merci beaucoup Katia, c’est très gentil à vous. J’aimerais vous retourner le compliment mais vous avez une carte de plus en main. Si Lino vous a parlé de moi, en revanche, je ne sais rien de vous…
Et oui, c’est bas, indigne de moi, mais plus fort aussi… Deux lionnes chassant sur un même territoire, ça se fait rarement des cadeaux non ?

- C’est tout à son honneur, je lui ai demandé de ne rien vous dire, je tenais à me présenter moi-même, il le fallait. Je pense que les discours vont bientôt commencer, aussi je vais vous laisser mais s’il vous plaît, promettez-moi de m’accorder un instant en tête-à-tête un peu plus tard dans la soirée.
- Bien entendu, si c’est important…
- Très. A plus tard, et toutes mes félicitations !

Tandis que nous échangions comme deux bonnes copines, Lino nous observait discrètement, apparemment plus inquiet que moqueur… Tout ceci m’intrigue de plus en plus et je suis à deux doigts de rattraper Katia quand le sifflement strident de la sono nous transperce les oreilles. La surprise crée le silence, et du silence naît ceci :

- Mes amis, mes collègues, maintenant que vous avez tous un verre à la main, arrêtez cinq minutes de bouffer pour qu’on passe enfin à ce pourquoi on est tous là aujourd’hui. Je sais bien que Mira, c’est pas la seule nominée qui a gagné, mais comme les deux autres, et bé elles sont pas là, je propose qu’on donne vite le ruban à leurs représentants … Monsieur le Préfet ? Monsieur le Préfet ?...
et, plus bas …
- Oh ! Philippe ! Tu montes avé les médailles, où tu préfères que je viens les chercher moi-même ? Quoi ? Après ? Bon, alors j’attaque… t’as pas l’air en grande forme, tu devrais te faire porter un peu d’eau !
Et sans nous faire languir plus longtemps :

- Chers amis, ce jour est un grand jour. C’est même le plus grand de toute ma vie, que je l’attends depuis tellement de temps qu’aujourd’hui franchement, j’arrive à peine à le croire. Cette médaille, ça fait un bail qu’on la mérite, et même que si ça changera rien dans notre vie de tous les jours, et qu’on sera toujours aussi simples que possible, je vous le dis, il était temps ! A cause de ce métier qu’on adore, Mira et moi on n’a pas de vie de famille, on voit pas souvent nos petits, nos hommes y doivent faire ceinture quand une affaire elle est trop dégueulasse et que ça nous coupe l’envie de la gaudriole. Enfin surtout moi parce que Mira peuchère, tellement elle travaille et bé sa vie privée c'est comme qui dirait le désert de Gobi ! bref… On œuvre pour Marseille, au risque et au péril de la famille, et franchement il était temps que Marseille et toutes les Bouches-du-Rhône elles le reconnaissent. Mira si tu veux bien, je sais que toi, les médailles tu t’en fous, alors si ça te gêne pas je me la prends, vu que toi et moi, c’est pour ainsi dire une seule et même personne. Sans Mira, ben moi je l’avoue, je suis rien, et elle sans moi, je vous jure que c’est pas joli joli non plus.. On est très fières toutes les deux, on remercie tout le monde et on vous souhaite une bonne soirée ! Mira, tu veux ajouter quèque chose ?

Qu’y aurait-il de plus à dire ? Que j’aime ce petit bout de femme comme tu peux pas imaginer ? Qu’elle me fait autant rire par ses frasques quotidiennes qu’elle me touche par son innocence et sa naïveté d’enfant restées intactes ? Ce soir, elle s’est appropriée ma soirée parce que le bonheur qui l’envahissait était trop grand pour elle toute seule. Elle devait le partager avec nous tous, le porter, pour moi. Et tu sais quoi ? C’est vrai que sans Loulou, je ne suis pas grand-chose finalement, ni sans ses cinq enfants qui me vénèrent, ni sans son mari Frédo, un sacré veinard d’homme. Si tu la voyais, dressée sur la pointe des pieds derrière un pupitre presque plus haut qu’elle, vêtue d’un jeans doré ( si si, doré ! ) taille 16 ans et d’un chemisier en dentelle noire transparent sous lequel on aperçoit un soutien-gorge assorti au pantalon, uniquement là pour faire beau étant donné l’absence quasi-totale de rondeur à ce niveau-là… Elle sourit à son auditoire et salue largement ses amis, émue aux larmes.

Alors je lui tends simplement les bras :
- Allez, viens ici que je te félicite !
Si toute la salle hurle de rire, elle m’embrasse tendrement en me lançant des « merci » qui font redoubler l’hilarité de nos spectateurs. L’ambiance semble bien partie quand soudain :
- Un docteur, vite, un docteur ! Monsieur l’adjoint au Maire vient de faire un malaise !

Et comme il n’y a pas de médecin dans la salle, c’est Momo qui s’y colle en attendant le SAMU.

Mirabelle Barane aux Editions du Vallon.
ISBN :
Prix : 8.50 euros

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Commissaire Mira
Contact Mirabelle Barane : commissairemira@orange.fr
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